Comment l’Allemagne gère-t-elle le passage aux énergies renouvelables?

L’Allemagne, une nation industrielle puissante, fait face à l’un des défis les plus ardus de notre époque : la transition vers les énergies renouvelables. Au cours de cette période cruciale où la crise climatique est au centre de toutes les attentions, les yeux sont rivés sur ce pays, modèle de l’Energiewende – le tournant énergétique. Le parcours de l’Allemagne vers une production d’électricité plus verte est un chemin semé d’embûches économiques, techniques et politiques. 

L’énergiewende : un tournant stratégique

L’Allemagne a entamé une profonde mutation énergétique en cherchant à ériger la production d’électricité intermittente en exemple. Ce choix a été accompagné de plusieurs contraintes notamment en termes de coûts et de sécurité. En effet, le kWh allemand reste l’un des plus onéreux et des plus polluants en Europe. Pourtant, en posant un regard détaillé sur les objectifs à long terme, nous comprenons mieux les enjeux de cette transition.

Peter Altmaier, ministre fédéral de l’économie et de l’énergie, avait évalué le surcoût de l’Energiewende à 1000 milliards d’euros à l’horizon 2022, une facture qui s’alourdit alors que le pays repousse sa sortie du charbon au moins à 2038 et peine à fermer son parc nucléaire. Un rapport de l’Institut d’économie d’énergie de Cologne détaille les multiples facettes de cette entreprise, envisageant un horizon 2050 où l’Allemagne s’appuierait sur un parc éolien/solaire considérablement accru et un recours toujours significatif au gaz naturel.

Pour en savoir davantage sur la transition énergétique en Allemagne et les défis qu’elle doit relever, regardez ici.

Le défi des énergies renouvelables

En dépit d’une réduction drastique des raccordements d’éoliennes en 2019, l’Allemagne vise à multiplier sa capacité de production d’énergies renouvelables. La stratégie actuelle prévoit un parc éolien/solaire quatre fois plus puissant que le parc nucléaire français actuel, avec un appel marqué au photovoltaïque et à l’éolien. Cependant, l’hydraulique et la biomasse semblent stagner, ce qui soulève des questions quant à la diversification des sources de production d’électricité renouvelable.

L’inévitable recours au gaz

Alors que l’Allemagne ambitionne de réduire sa dépendance aux énergies fossiles, le gaz naturel continue de jouer un rôle central dans la transition. Le plan Climat allemand envisage une augmentation de la capacité gazéifiée pour compenser la sortie progressive du charbon. Ainsi, le scénario de sortie du charbon en 2038 suggère une augmentation des capacités de gaz de 5 GW supplémentaires en 2050. Cela implique une politique énergétique agile et une anticipation des tensions du marché du gaz naturel.